Beaucoup de choses peuvent se passer en un an

Les pays de l'ALC semblaient plus prêts que jamais à faire confiance à l'ITIE, écrit Francisco Paris.

Lorsque plus de 200 participants de 16 pays d'Amérique latine et des Caraïbes (ALC) se sont réunis à Bogota le 19 novembre pour parler de transparence et de redevabilité dans les secteurs extractifs de la région, l'ambiance était bien différente d'il y a juste un an.

Un vieux mantra

Voici un mantra que l'on entend souvent dans les capitales de la région, particulièrement celles des pays aux revenus intermédiaires, : « Je mettrai en œuvre l'ITIE le jour où les pays riches en feront davantage pour soutenir et promouvoir cette Norme ». Cela a été vraiment passionnant d'écouter Gregory Gould, membre du Groupe multipartite ITIE des États-Unis, et Directeur de l'Office of Natural Resources Revenue (Office des recettes issues des ressources minérales), expliquer la manière dont son pays progresse avec sa demande de Candidature grâce à un processus rigoureux. Il a également évoqué les nombreux défis auxquels sont confrontés les États-Unis pour préparer la mise en œuvre de l'ITIE. Tony Regan, représentant britannique et administrateur général de la mission britannique à Bogota, nous a rappelé le profond engagement de son pays envers la mise en œuvre de l'ITIE via la direction imprimée par le Royaume-Uni lors du G8, du G20 et de l'OGP (Partenariat pour un gouvernement ouvert) plus récemment, mais surtout via la mise en œuvre de la Norme par le Royaume-Uni. Je pense que lorsque les nombreux participants à la Conférence feront un rapport à leurs collègues lors de leur retour au pays, le vieux mantra ne sera plus d'application.

Un nouveau message

Lors de cette Conférence, un autre genre de message a émergé. Les participants de plus de dix pays, de l'Uruguay au Suriname en passant par la République dominicaine et le Mexique, représentant la société civile, les gouvernements et les entreprises, se sont accordés pour dire qu'ils expliqueraient à leurs collègues que l'ITIE était un sujet de discussion pertinent. Ils ont quitté Bogota en ayant hâte de discuter de la Norme dans leurs pays respectifs et ils étaient, dans différentes mesures, enthousiastes quant à l'utilité de cet outil dans leurs pays aux circonstances très variées.

Un lieu choisi avec attention

La conférence a eu lieu en Colombie, et cela n'est pas une coïncidence. La Colombie met beaucoup d'efforts pour mettre en œuvre l'ITIE, ce qui est sous bien des aspects une première dans la région. La société civile s'organise soigneusement pour participer à l'ITIE. L'industrie, aussi bien sur le plan très développé du pétrole et de l'industrie minière, est convaincue de la contribution positive de la Norme au contrôle des secteurs extractifs. Alejandro Martinez, président de la Colombian Oil Association et Raul Buitrago de la Big Scale mining Association, ont tous les deux été d'accord sur ce point au cours des nombreuses discussions qui ont eu lieu pendant la conférence. De la même manière, le Ministre de l'industrie minière, Amylkar Acosta, a dit avec beaucoup d'éloquence, en utilisant un adage bien connu dans la région, que l'ITIE était une question de « cuentas claras and chocolate espeso ». Cela signifie que l'ITIE était une question de responsabilité, et rien d'autre !

De manière générale, la conférence de Bogota a convaincu la famille ITIE comme jamais que la Norme avait pour vocation, pour paraphraser l'ambassadeur norvégien Lars Vaagen, « de garantir que les ressources des pays profitaient à tous, et pas à une minorité ». Beaucoup de choses peuvent se passer en une année : En 2013, les pays de l'ALC semblaient plus prêts que jamais à faire confiance à l'ITIE comme outil pour faire de cet objectif une réalité.