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Coordonnateur national du mois : Dr Roberto Herrera, Honduras

« S'assurer que tous les citoyens bénéficient de nos industries extractives »

Le profil du mois a été rédigé par Lyydia Kilpi. 

L'Amérique latine et l'exploitation minière ont une histoire commune qui est loin d'être rose. Pendant des siècles, la population autochtone a vu l'or, l'argent et les autres richesses minérales expédiés à l'étranger à bord de navires. Il n'est pas étonnant que les sentiments anti-mines aient été forts. Les conflits entre les sociétés minières et les communautés locales sont encore monnaie courante.

Le Dr Roberto Herrera, Coordonnateur national de l'ITIE Honduras le sait bien. Il a suivi les questions de développement liées à l'exploitation minière depuis plus de 15 ans. Herrera, avocat de formation, voit la nécessité de faire marcher l'industrie au profit des individus. Le Honduras, un État d'Amérique centrale situé entre le Salvador, le Guatémala et le Nicaragua, est l'un des pays les plus pauvres de la région et qui a souffert d'instabilité politique.

L'industrie minière au Honduras possède une longue histoire qui remonte à l'époque coloniale. « Pendant l'ère espagnole, ce fut la région minière la plus importante d'Amérique centrale avec plus de 300 mines d'or et d'argent », note Herrera. Pourtant, les communautés minières continuent de souffrir de la pauvreté. Ce pays qui est riche en ressources naturelles, fait face à un nouvel ensemble de défis et d'opportunités alors que l'extraction des gisements d'hydrocarbures situés dans la mer des Caraïbes s'apprête à démarrrer dans les prochaines années.

Un défi relevé

Herrera est convaincu que l'ITIE et la nouvelle loi minière adoptée en 2013 ouvrent de nouvelles perspectives en faveur d'un changement positif. La quête visant à s'assurer que les industries extractives constituent une source de bien-être et non de conflit est un thème qu'aborde fréquemment Herrera.

La relation d'Herrera avec l'ITIE a commencé en 2011, alors qu'il servait de Conseiller externe au Président. « L'une de mes préoccupations principales était de trouver un mécanisme qui garantisse aux individus de pouvoir bénéficier dans leur vie quotidienne des avantages générés par les industries extractives », déclare Herrera.

C'est alors que l'ITIE a été identifiée en tant que Norme internationale la plus appropriée pour répondre à ces besoins. Le Honduras a réuni des parties prenantes issues des sociétés minières, de la société civile et du gouvernement au sein d'un Groupe multipartite et il est devenu par la suite pays Candidat à l'ITIE en mai dernier. « Les efforts conjugués de toutes les parties prenantes au sein du Groupe multipartite ont permis la mise en œuvre de l'ITIE », avance Herrera.

L'équipe derrière l'ITIE Honduras est effectivement dédiée à son travail. Un seul membre du personnel du Secrétariat national est actuellement rémunéré, tous les autres, y compris Herrera, travaillent bénévolement. Herrera explique fièrement comment l'ITIE Honduras est d'abord et avant tout un processus national et non un projet de bailleurs internationaux: « Notre décision est de montrer qu'avec nos propres efforts et notre travail bénévole que nous voyons l'ITIE comme un intérêt public pour le Honduras, et que nous ne recourons à la coopération internationale que pour compléter nos propres efforts ».

Rendre la transparence importante

L'enthousiasme est palpable. Le Honduras a choisi de mettre en œuvre un projet pilote ITIE sur la propriété réelle visant à dévoiler qui profite véritablement des activités pétrolières, gazières et minières. La nouvelle de la mise en œuvre actuelle de l'ITIE par le Honduras se répand dans les provinces du pays. Les Principes et Exigences de l'ITIE sont diffusés dans les communautés touchées par l'exploitation minière et l'exploration des hydrocarbures.

Cependant, le chemin n'est pas sans embûches. Herrera admet que la transparence a des adversaires: « Il faut reconnaître que ces adversaires, bien que peu nombreux, sont puissants et situés dans plusieurs couches de la population. »

Malgré cela, Herrera rappelle que la responsabilité sociale, la transparence et les valeurs éthiques sont devenus des atouts centraux dans le domaine des affaires pour de nombreuses entreprises. « Ces principes sont le véritable fondement de la sécurité des investissements et de la confiance entre les entreprises, les gouvernements hôtes et le peuple », affirme Herrera.

Unir les forces

Herrera semble déterminé à réorienter le chemin inégal que l'extraction minière a suivi en Amérique latine pendant des siècles, et il est conscient qu'il s'agit là d'une tâche pour plus d'un homme. Il voit en l'ITIE, une plate-forme utile pour le dialogue, permettant aux parties prenantes d'approfondir leur compréhension du secteur et d'établir un consensus sur des questions clés.

« Nous rassemblons les efforts de chacun pour parvenir à la mise en œuvre effective de l'ITIE, ce qui nous permettra d'avoir une plus grande confiance dans le développement local et dans le bien-être des communautés, ainsi que dans celui de la population hondurienne dans son ensemble ».