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Les pays de l'ITIE poursuivent leur ascencion au CPI

Transparency International (TI) a publié son indice de perception de la corruption (CPI) pour 2017. L'indice est particulièrement intéressant pour ceux qui suivent le secteur extractif et l'ITIE.

Le tableau au niveau mondial est malheureusement assez catastrophique. L'indice de perception de la corruption souligne cette année qu'une majorité de pays ne fait que peu ou pas de progrès dans l'élimination de la corruption. Ceci semble particulièrement vrai des pays dont le secteur extractif est important. Parmi les plus grands producteurs de pétrole au monde, seuls quatre pays (Canada, Etats-Unis, Norvège et Royaume-Uni) ont obtenu un score supérieur à 70 dans l'indice de perception de la corruption.

Se plonger dans les données

Lien entre les indicateurs CPI et NRGI sur la gouvernance du secteur extractif.

L'Institut de Gouvernance des Ressources Naturelles (NRGI) s'est penché sur le lien entre la transparence du secteur extractif et la responsabilisation en comparant les résultats de leur indice de gouvernance des ressources et les résultats du CPI de cette année. Les résultats montrent qu'il existe un lien clair entre des niveaux de transparence moins élevés dans le secteur extractif et des niveaux de corruption plus élevés. Les résultats montrent également qu'améliorer la gouvernance extractive a des effets de levier positifs au-delà de la gestion des ressources naturelles.

Voilà une leçon claire - il reste beaucoup à faire pour endiguer la corruption, surtout dans le secteur extractif.

L'ITIE et le CPI - un sandwich norvégo-afghan

Au niveau national, les pays de l'ITIE se répartissent dans l'indice de la Norvège en 3e position, le pays ITIE le mieux coté, à l'Afghanistan, en 177e position. Plusieurs pays de l'ITIE ont fait des bonds significatifs ces cinq dernières années. Le Myanmar a gagné 15 points depuis 2012, en partie grâce au programme réformateur du gouvernement. Ailleurs en Asie, le Timor-Leste a amélioré son score pour faire partie des cent premiers pays pour la première fois. En Afrique le Sénégal connait une amélioration de neuf points depuis 2012. Avec la Côte d'Ivoire, c'est un pays qui met en oeuvre un programme anti-corruption sur le long terme. Le Royaume-Uni grimpe de huit points, grâce en partie à son registre des propriétaires réels, l'un des premiers du monde et un modèle pour les autres pays de l'ITIE. Le Guyana, qui a rejoint l'ITIE l'année dernière, a également amélioré son score de dix points depuis 2012. Trinité-et-Tobago, membre de longue date de l'ITIE, est parvenu à son plus haut score à ce jour cette année. Le Pérou dans la même région s'est également amélioré.

 

Le CPI et les Validations ITIE sont des outils complémentaires pour évaluer la bonne gouvernance

Le CPI est basé sur la perception de la corruption. Dans de nombreux cas le grand public perçoit que la corruption se produit mais n'a pas de preuves tangibles. Les données ITIE apportent des preuves crédibles et vérifiées sur la gestion du secteur et donne des recommandations d'amélioration. Etre membre de l'ITIE c'est bénéficier d'un mécanisme de protection contre la tendance générale des pays riches en minerais à voir leur niveau de corruption augmenter avec le temps.[1]. Un document de 2016 montre que la mise en oeuvre de l'ITIE a une série d'effets positifs sur l'environnement politique et économique d'un pays, y compris de meilleurs notations de crédit et une plus grande stabilité politique.[2].

Fredrik Reinfeldt, président de l'ITIE, a déclaré dans le rapport de suivi de l'ITIE de cette année que "L’ITIE continue d’œuvrer pour un monde où les fuites ne seront plus nécessaires parce que les informations seront facilement accessibles." On pourrait en dire de même sur l'ITIE qui cherche à réduire l'espace de la corruption. Le CPI de cette année nous rappelle la tâche à accomplir et le nombre d'outils nécessaires.

Cliquez sur le tableau pour le voir en plus grand ou accédez au tableau ici.

 

[1] Elissaios Papyrakis, Matthias Rieger & Emma Gilberthorpe (2016) Corruption and the Extractive Industries Transparency Initiative, The Journal of Development Studies, 53:2, 295-309,

[2] Claussen, Christoffer Borchgrevink (2016). A Cure for the Curse? Effects of the Extractive Industries Transparency Initiative. University of Oslo, Oslo.