De quoi l'avenir sera-t-il fait?

Jour 2 : débattre des questions clés de l'ITIE pour les années à venir.

La discussion principale d'aujourd'hui a conduit le Conseil d'administration et les autres parties prenantes à trouver un terrain d'entente pour tracer l'avenir de l'ITIE pendant les trois à cinq prochaines années.  La norme ITIE établie en mai 2013 a représenté un important pas en avant dans l'optique de renforcer la pertinence de l'ITIE et son potentiel pour contribuer à une gouvernance améliorée dans les industries extractives. Mais inévitablement, certains problèmes n'ont pas été résolus ou sont apparus au moment où les pays ont commencé à mettre en œuvre la norme ITIE. 

L'ITIE pourrait faire plus pour s'assurer que le rapportage transparent sur les industries extractives est intégré dans les systèmes de déclaration des gouvernements et des entreprises, que la mise en œuvre est moins lourde tout en permettant dans un même temps de garantir que l'ITIE fournit des informations pertinentes et utiles qui informent le débat public et établissent la confiance. Comme la secrétaire exécutive de l'ITIE Nigéria, Zainab Ahmed, l'a noté : « Nous avons besoin de nous assurer que les déclarations abordent réellement le sujet des réformes qui sont requises dans le secteur ». 

Une récente évaluation de la qualité et de la ponctualité des premières déclarations ITIE rédigées selon la Norme ITIE a recommandé des ajustements à la Norme et l'évaluation de la mise en œuvre, y compris une évaluation du processus de validation. La gouvernance de l'ITIE au niveau international et national a été établie à un moment où ou il n'y avait que quelques pays mettant en oeuvre la norme et où aucun n'était conforme.  Il y a aujourd'hui 48 pays de mise en oeuvre et il est temps de vérifier que nous avons mis en place les bonnes structures de gouvernance.  Pour finir, l'assistance technique et financière pourrait être améliorée pour mieux prendre en charge la mise en oeuvre.

Au cours d'une discussion animée et importante, le Conseil d'administration a identifié ces défis et esquissé un plan de route. Je n'essaie pas à ce stade de mettre en avant des solutions.  Le travail de développement de solutions et recommandations spécifiques va maintenant se poursuivre avec l'objectif de présenter des recommandations spécifiques lors de la prochaine réunion du Conseil d'administration à Berne à la fin du mois d'octobre.   

Statuts des pays : Liberia et Tadjikistan

Le Conseil d'administration a également étudié les demandes de prorogation du Liberia et du Tadjikistan visant à reporter la date butoir de leur Rapport à venir. Alors que le virus Ebola a été évoqué à juste titre par le Liberia comme raison pour se voir accorder un report de la publication du Rapport 2012/13 de six mois et un délai de six mois pour sa validation (reportée donc à début 2016), la demande de prorogation du Tadjikistan n'a pas été acceptée et le pays a été suspendu jusqu'à ce que le Rapport 2012 soit publié. 

Le statut de l'Afghanistan et de l'Azerbaïdjan sera discuté demain.

Informer le débat public

Pendant ce temps à Kinshasa, les agents de communication de 11 pays africains francophones ont discuté du filtrage et de la visualisation d' informations sur la création d'histoires et le développement de messages. Comment développer des stratégies de communication plus larges et innover dans le processus ITIE sont des sujets qui ont aussi été discutés.

« Nous ne pouvons pas créer la responsabilité, mais l'ITIE peut créer les conditions lui permettant de prospérer. »

Brandissant la première page d'un journal local, Kimségninga du Burkina Faso a expliqué comment une prime de signature manquante qui n'a pas été transférée dans les caisses de l'Etat a été identifiée grâce aux Rapports ITIE. Cela a fait beaucoup de bruit à Ouagadougou. Au moment de discuter de comment créer des messages, les participants se sont pris au jeu, partageant différentes perceptions de ce qu'est une histoire, comment l'écrire à partir des Rapports ITIE et donner des exemples concrets d'histoires qui ont fait les gros titres. Les participants ont été mis au défi de répondre à certaines des questions suivantes :

  • Comment l'ITIE a récemment fait les gros titres ?
  • Pourquoi un citoyen qui vit en campagne devrait s'intéresser à une histoire en particulier ?
  • Qu'est-ce qui distingue les informations divulguées par l'ITIE de celles issues d'autres sources ?

La session de « bingo humain » a sans aucun doute permis aux participants de s'impliquer et d'interagir en essayant de trouver de qui venaient des communications spécifiques et les inspirant à utiliser les idées des autres. « C'est vous qui avez inclus le théâtre d'intervention dans vos communications, n'est-ce pas ? » « Non, nous chantons pour exprimer ces idées, c'est bien plus convaincant ! » Les sessions se sont avérées très interactives, et des problèmes ont été identifiés, dont : aider les illettrés ; les difficultés à comprendre les chiffres impressionnants impliqués dans les industries extractives ; le besoin de créer des messages qui parlent aux publics ; et combler les écarts d'informations entre les pays mettant en oeuvre l'ITIE dans la région. Le Togo a par exemple mentionné les enfants qui jouaient dans les pièces de théâtre de rue pour faire passer des messages aux segments illettrés de la population. 

Le Niger a souligné à quel point il était difficile pour un non-initié de comprendre ce que représentait 1 million de francs CFA, mais qu'il ou elle pourrait certainement comprendre combien de jours de paie cela représenterait. La présentation de Jean-François sur l'approche du Sénégal a souligné comment la communication de l'ITIE s'est améliorée depuis la publication du premier Rapport. Il a aussi parlé de l'importance de segmenter le public pour atteindre des cibles spécifiques. 

La question de savoir comment combler la fracture éducative a aidé les participants à comprendre la valeur des données standardisées dans les modèles résumés.  Les agents de communication ont trouvé des façons créatives de présenter les données via des infographies, des visualisations de données, des dessins animés, la cartographie géographique des infrastructures et ressources… La session a pris fin par la désignation de groupes qui devaient évaluer les stratégies de communication des autres groupes.

Tantely du Madagascar a clôturé la session avec une présentation expliquant comment elle a créé des histoires, des exemples d'histoires qui ont fait du bruit à Madagascar et comment éviter le risque de surcharge d'informations : filtrer un Rapport ITIE pour le rendre plus digeste !

 

Restez connectés et suivez notre blog quotidien de la semaine de l'ITIE aux Congos. Trouvez les dernières images dans notre album flickr dédié.