Sous les projecteurs: Le difficile voyage de la Zambie vers la transparence

Comment le pays a utilisé EITI pour dépasser ses craintes quant à l'exploitation minière.

Il y a quelques semaines La Zambie a atteint un statut conforme EITI, un palier important pour la transparence dans le secteur de l'extraction en Zambie - tout comme dans la collaboration des divers investisseurs et la construction d'une "voix" de la société civile.

Dotée par la nature de richesses minérales significatives, mais d'une chance fluctuante,

la Zambie a été longtemps le plus connue pour ses richesses minérales (cuivre, cobalt et or) et ses joyaux. De petits dépôts en surface de différents métaux étaient travaillés les siècles précédents, bien que cela ait été dans les années 1930 que l'industrie du cuivre prit racine à grande échelle. Les mines de cuivre sont vite devenues un pilier des revenus de la nation et ont posé les jalons du développement de la Zambie, dans les temps coloniaux et après la période initiale après laquelle l'émergence de la Zambie en tant qu'état indépendant en 1964.

Mais c’est l’aspect changeant de l’industrie sur ces dernières dizaines d’années, et comment ces montagnes russes ont affecté les gens ordinaires, l’aspect remarquable de cette histoire, comme cet article le retrace.

Un secteur minier bien portant et en pleine croissance...

Les deux derniers rapports ZEITI documentent bien le chemin de la Zambie dans l’industrie minière. La réponse à l’investissement attractif de ce climat minier créé par le gouvernement, tout une « nouvelle ceinture de cuivre » qui a émergé du Nord-Est de la Zambie, de presque rien. De nouvelles mines en pleine expansion (via des investissements étrangers d’environ 5 millions de dollars US sur la dernières décennie) et des prix mondiaux flottants pour le cuivre (autour de 7500 dollars US la tonne métrique) ont fait que la sortie du cuivre est désormais autour de 800 000 m/t. D’ici à 2015, le rendement est censé augmenter jusqu’à environ 1,3 million de m/t, ce qui placerait la Zambie parmi les 5-6 plus gros producteurs mondiaux. Avec tous ces chiffres, cette performance n’a rien de petit. p>

...mais ça n’a pas toujours été le cas

L’héritage minier de la Zambie en 1964 venait d’une industrie minière privatisée, et des prix du cuivre favorable (entre 3000 et 4000 dollards US par m/t), et un rendement total dans les 500 00- 600 000 m/t. En 1969, l’année où l’industrie minière devint une entreprise publique et progressivement rendue aux mains des Zambiens. La ZCCM, consolidée, propriété de l’état, qui a émergé et étendu les bénéfices sociaux et communautaires de ses opérations, et zones de gestion. Le résultat positif de cet effort se constate quand on voit le nombre d’anciens de ZCCM qui occupent aujourd’hui une position haut placée à travers la Zambie.

Malheureusement, les réalités économiques ne purent être ignorées, surtout la chute du prix du cuivre (autour de 1 400 à 2000 dollars US m/t), ce qui signifie que dans les années à venir, ZCCM a produit et vendu du cuivre à un prix inférieur au coût de production. Des fonds insuffisants pour un investissement de l’état continuèrent à faire couler la production, avec pour résultat des revenus inférieurs et des investissements inférieurs et ainsi de suite, jusqu’à ce que la production touche le fond avec à peine plus de 250 000m/t en 1999-2000. A ce moment-là, ZCCM était à la tête d’une perte financière d’environ 1 million de dollars US par jour – dans les faits, une taxe sur le reste de l’économie plutôt qu’une contribution.

Une transition douloureuse,  qui cause des soucis dans le secteur minier

Entre la fin des années 90 et le début des années 2000, la Zambie a connu une période de transition difficile. La privatisation de ZCCM et ce qui a suivi sont bien documentées. Ces choix furent férocement débattus à l’époque, et ne furent en aucun cas simples. En tout cas, la longue agonie et la souffrance qui en a résulté ont été largement ressenties, surtout avec les importantes pertes d’emploi lors de la récession des mines ; pertes de logement, difficulté d’accès aux soins, perte des autres bénéfices sociaux pour les miniers et les communautés de la Ceinture de Cuivre ; etc

 

 

Il est clair que les activités minières restent un sujet sensible, et des soucis persistent – malgré l’excellent rebondissement de la Zambie dans le secteur de l’industrie minière et l’investissement grandissant dans les activités CSR par l’industrie. Beaucoup en est financé par les taxes payées par les entreprises (vues comme un résultat du développement largement généreux des accords miniers et d’une gérance inadéquate du Gouvernement). De plus, les Zambiens voient le niveau de pauvreté de leur pays demeurer incroyablement haut et se demandent si les faibles bénéfices de l’industrie minière ou son coût environnemental valent le prix payé. Par-dessus tout, les Zambiens n’en savent peut-être pas assez sur le secteur minier.

 

EITI en Zambie, a  première étape vers la transparence

Ces malentendus, comme l’engagement du gouvernement à la transparence, qui conduisit celui-ci à se rallier aux investisseurs Zambiens en 2007 pour commencer à examiner les avantages de l’EITI. Avec le support de la Banque Mondiale et de partenaires de développement, un Rapport de Possibilités a été fait en 2008 avec consultation large, qui recommandait l’adoption de ZEITI, ce que firent les investisseurs Zambiens après avoir signé pour la candidature EITI de 2009. Les structures multiples d’investisseurs ZEITI et l’implantation ZEITI suivies par la production des premiers rapports ZEITI, puis un second (de bien meilleure qualité et contenu) et à présent un troisième Rapport est en cours.

Un rôle encore plus grand pour ZEITI dans les années à venir

Dans le contexte décrit, ZEITI n’est qu’un point de départ. Encore davantage d’information financière et sectorielle, et de débats sur le sujet peuvent concrètement aider la compréhension du secteur et sa contribution à la vie des gens. Un débat ouvert sur les bénéfices miniers et les revenus générés – éclairés par des faits expliqués par ZEITI – peuvent garantir un support et une compréhension constants du secteur minier en Zambie par ses propres citoyens. Ainsi, ZEITI a un rôle clé à jouer en Zambie.

 

Anwar Ravat est le conseiller en operations minières au bureau de la Banque Mondiale, en Zambie.

Photo par mmj71, available under a Creative Commons Attribution-NonCommercial license.