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Madagascar : Légaliser l'exploitation minière et exploiter son potentiel

Formaliser un secteur qui se confronte à de nombreux défis.

À Madagascar, le secteur extractif a contribué à l'économie à hauteur de 61 millions USD en 2014, selon le Rapport de l'ITIE 2014 récemment publié par le pays. Le secteur représente 30 % des exportations totales, et 4 % du PIB. La vaste majorité des recettes provient du secteur minier (56 millions USD), et le reste du pétrole. Toutefois, le secteur minier informel reste celui qui emploie le plus de personnes (jusqu'à 500 000 selon le Rapport).

Regarder de plus près

Madagascar est un pays insulaire dont la richesse est basée sur l'or ainsi que les pierres précieuses et semi-précieuses, notamment les émeraudes, les rubis et les saphirs. La plupart de ces pierres sont extraites de manière informelle et l'intégration des chiffres liés à l'exportation de ces minéraux dans le dernier Rapport ITIE de Madagascar donne un aperçu de la contribution du secteur informel à l'économie. Par exemple, le Directorat général des mines a déclaré que l’exportation de pierres précieuses avait rapporté 14 millions USD tandis que, selon les statistiques de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, l’exportation d’or avait rapporté 46 millions USD en 2014.

La difficulté de formaliser l'informel

Le gouvernement a déployé un certain nombre d'efforts visant à formaliser le secteur. Une interdiction d'exportation était en place de 1999 à 2004 et de 2008 à 2009. Les chercheurs d'or et les exportateurs étaient ensuite censés obtenir un permis délivré par les autorités locales. Mais cela n'a pas été intégralement mis en œuvre.

La politique relative à l'extraction minière de 2014 prévoyait des subventions pour les communautés locales visant à soutenir la production locale et à générer des revenus grâce à ces minéraux. La protection de l’environnement figurait également parmi les objectifs de la politique.

L'ITIE exige la divulgation d'une estimation de l'activité du secteur informel et sa contribution à l'économie. Le Rapport ITIE 2014 recommande de fournir des informations sur l'impact économique de l'exploitation minière à petite échelle sur les recettes du gouvernement, suggérant de réaliser des études sur la question.

Dans une récente interview, M. Ying Vah Zafilahy, ministre auprès de la Présidence en charge des mines, a fait part des efforts qui seront déployés afin de renforcer le gouvernement local dans le but de collecter les recettes dérivant de l'exploitation minière à petite échelle.

 

Pour plus d'informations sur les actions de l'ITIE à Madagascar, consultez la page du pays sur eiti.org ou  le site national de l'ITIE. 

Image : Wikimedia Commons​.