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La transparence s’enracine au Burkina Faso

Le processus ITIE donne lieu à des améliorations en matière d'informations et de divulgation

Le Burkina Faso, littéralement le pays des « hommes intègres », a lancé une vague de réformes au cours des deux dernières années visant à améliorer la gouvernance de son secteur minier. Une Commission nationale des mines a été mise en place en janvier 2014 et un gouvernement de transition a adopté un nouveau code minier en juin 2015. Le nouveau code encourage les entreprises à créer des plans qui optimisent le contenu local ainsi que l'inclusion des entreprises locales. Il institutionnalise également la transparence à travers un rapport annuel de l'État sur sa contribution au développement du secteur minier. Le Code minier demande à ce que toutes les personnes politiquement exposées, aux niveaux national et local, aient interdiction de détenir des participations minières. Il exige également que les permis d'exploitation minière soient publiés. Ces mesures sont conçues pour aider à réduire le risque de corruption. Le Rapport ITIE 2014 publié en décembre 2016, réclame davantage de réformes afin d'améliorer les statistiques sur le secteur des carrières et l'accès aux contrats publiés.

Réformer pour lutter contre la baisse des prix de l'or

Le Burkina Faso est encore le quatrième producteur d'or en Afrique subsaharienne, derrière l'Afrique du Sud, le Ghana et le Mali. Les réserves d'or sont estimées à plus de 800 tonnes et l'or représente la principale source de recettes publiques. 

Toutefois, la baisse des prix de l'or a donné lieu à une diminution des recettes du secteur minier. Le Rapport ITIE 2014 indique que les recettes du secteur minier se sont soldées à 287 millions USD en 2014, soit une baisse de 30 % par rapport aux plus de 200 milliards de FCFA en 2013. Bien que la production d'or ait légèrement augmenté en 2014, dépassant les 35 tonnes, la baisse des prix a fait baisser la valeur de la production d'or en-dessous d'un milliard de dollars en 2014.

Des progrès réalisés dans les statistiques sur les carrières 

Bien que l'or reste l'activité minière principale ainsi que la principale exportation du pays, d'autres secteurs tels que l'exploitation des carrières, continuent à jouer un rôle important dans l'économie. Les précédents rapports ITIE ont noté que la Direction générale des carrières ne disposait pas de statistiques sur la production du secteur. Étant donné que le secteur de l'exploitation des carrières faisait partie de la déclaration ITIE en 2013, plusieurs réformes ont été mises en place afin de régler ce problème. Le Ministère des mines s'est réorganisé et, comme d'autres ministères, a mis sur pied un Département des statistiques générales et du recensement qui traite des questions liées au manque de données. La publication annuelle des statistiques 2014 du Ministère des mines comprend maintenant des chiffres de production sur le granit, le calcaire dolomitique, l'argile et le feldspath. Selon le dernier rapport, les recettes fiscales provenant de l'octroi des licences des carrières pour l'année 2013 s'élevaient à environ 300 000 USD, ce qui ne représente encore que 0,05 % du chiffre d'affaires total du secteur extractif.

Des réformes supplémentaires sont encore nécessaires

Le Burkina Faso doit poursuivre ses efforts en matière de collecte des données au niveau national. Bien que la production aurifère artisanale continue de contribuer à l'économie nationale, cette contribution est difficilement quantifiable sans une étude nationale sur le secteur. Nous ne disposons toujours pas de statistiques officielles sur l'emploi dans le secteur extractif au Burkina Faso et le Rapport ITIE 2014 encourage la Direction générale des statistiques à s'intéresser davantage à cette question. Le Rapport a également encouragé le Ministère de l'économie et des finances à divulguer les ressources affectées au fonds de réhabilitation de l'environnement. La Direction générale des mines et de la géologie a été chargée de fournir des informations sur la date d'application et les coordonnées géographiques dans les futurs rapports ITIE.

Pour en savoir plus, veuillez visiter la page de pays du Burkina Faso.

La Validation du Burkina Faso devrait débuter le 1er avril 2017.