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« La modélisation est d’une importance particulière pour la gestion du secteur extractif »

Anton travaille comme gestionnaire de programmes chez Open Oil à Berlin. Il y supervise l’élaboration d’applications pour les données ouvertes, y compris le registre des contrats et concessions, le moteur de recherches Aleph permettant d’exploiter les divulgations des entreprises (il contient trois millions de documents de conformité des entreprises extractives) ainsi que la cartographie des réseaux d’entreprises. Nous lui avons parlé en marge de la réunion organisée par l’ITIE pour ses organisations partenaires en septembre 2018, dans le but de discuter des priorités pour renforcer la gouvernance du secteur extractif

Que faites-vous exactement ? L’un des projets que vous traitez à l’heure actuelle est-il particulièrement intéressant ?

Chez Open Oil nous travaillons principalement sur la capacité et les systèmes de modélisation financière. La modélisation est très importante pour la gestion des ressources extractives tout au long de la chaîne de valeur mais nous avons constaté que de nombreux gouvernements présentent des lacunes dans ce domaine. Cela commence avec l’élaboration du régime fiscal – y compris des contrats-types – et se poursuit par les négociations puis l’évaluation et la supervision des revenus pour des projets en production. A l’heure actuelle le projet que nous menons avec l’ITIE Nigeria est particulièrement passionnant. Il s’agit d’un pilote pour mettre en œuvre les capacités de modélisation financière à l’ITIE Nigeria mais il s’agit également de produire des résultats plus concrets. Nous analysons les contrats de partage de production première génération du Nigeria, signés dans les années 1990 et 2000. Le gouvernement avait le droit de réviser les termes de ces contrats, mais ce droit n’a jamais été exercé. Le modèle répond à la question suivante : quels revenus supplémentaires aurait collecté le gouvernement s’il avait converti tous ces contrats de première génération au régime mis en place en 2005.  Notre modèle parvient à une estimation de 15 milliards de dollars US à peu près. Il ne s’agit pas de ré-ouvrir cette question mais l’ITIE Nigeria souhaite passer au niveau supérieur de la transparence.

Comment le travail et les données de l’ITIE s’inscrivent-ils dans votre travail ?

L’ITIE créé une plateforme d’échange afin d’entrer en contact avec les gouvernements et d’autres parties prenantes. C’est par ce réseau de praticiens et de parties prenantes qu’Open Oil peut diffuser une grande partie de son travail. Nous sommes également de grands utilisateurs de données ITIE pour notre travail de modélisation.

Quelles sont les domaines sur lesquels l’ITIE devrait mettre l’accent dans la période menant à la prochaine Conférence mondiale ?

L'idée d’intégrer l’ITIE dans les flux existants au sein des gouvernements me plait. Ce sera un thème de la Conférence et c’est une bonne chose. Du point de vue d’Open Oil il serait également bon d’examiner comment le travail de modélisation que nous menons peut constituer un lien entre l’ITIE et les procédures gouvernementales existantes. Le cœur de l’ITIE ce sont les chiffres et c’est la même chose pour la modélisation financière mais la modélisation est plus souple et peut cibler ce qui est réellement demandé à un moment précis. C’est pour cette raison que les compétences issues des exercices de modélisation seraient également pertinentes pour l’ITIE et je pense que l’ITIE elle-même pourrait s’améliorer avec des capacités plus développées dans les groupes de parties prenantes.