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Niger: Chameaux accroupis, dragons cachés

Alors que les revenus générés par l'extraction s'effondrent, le rapport ITIE 2014 du Niger jette un nouveau regard sur les questions politiques majeures. 

Après avoir été étouffé par une baisse des prix des marchandises au cours des trois dernières années, l'importance de la transparence pour les pays disposant de vastes ressources tels que le Niger n'a fait que croître. En pleine crise mondiale, le rapport ITIE du Niger commence à aborder certaines questions ayant trait à la gestion de leurs ressources. 

Accroupissement fiscal

Après deux ans d'une croissance à deux chiffres, les revenus gouvernementaux générés par l'extraction se sont effondrés de 28 % en 2014, à 315 millions USD selon le rapport ITIE 2014 du Niger. La part d'industries extractives dans le total des revenus gouvernementaux a chuté de 36 % en 2013 à seulement 23 % en 2014.

La forte baisse de 23 % des prix de l'uranium entre 2013 et 2014 a certainement joué un certain rôle, étant donné que ce dernier représente plus de la moitié de son exportation. Certains facteurs nationaux n'ont fait qu'augmenter les défis, avec une baisse de la production des secteurs miniers, gaziers et pétroliers de 2% et 4 % en termes de volume respectivement pendant cette période. 

Révéler les dragons

Le domaine du raffinage du pétrole a subi une baisse plus de deux fois supérieure par rapport à celui de la production du pétrole brut, avec une chute de 9 % des volumes en 2014, témoignage des défis auxquels le secteur intermédiaire du Niger doit faire face. Ouverte en 2011 en tant que co-entreprise 60/40 entre la China National Petroleum Corporation (CNPC) et le gouvernement du Niger, la Société de raffinage de Zinder (SORAZ) dispose d'une capacité de 20 000 barils par jour (bpj), dont la moitié est destinée à l'exportation. Les ventes nationales sont canalisées à travers la société nationale Société Nigérienne des Produits Pétroliers (SONIDEP) à des prix réglementés.

La capacité de production de la raffinerie a été multipliée par dix entre 2011 et 2013, avant de chuter en 2014. Ladite baisse de capacité de production a eu un impact sur les exportations, avec une chute de plus de 95 % dans le domaine de l'exportation des produits raffinés, selon le rapport ITIE. La raffinerie a enregistré des pertes de 21 millions USD en 2014, selon Menas Associates, et 94 millions USD en 2015, selon des articles de presse locaux. Les marges de la raffinerie on été affectées par les baisses progressives du prix de vente national passant de 70 USD par baril début 2015 à 47 USD en février 2016 et à une pause technique de trois mois à partir de juillet 2015, selon le FMI. Étant donné que la raffinerie contribuait à hauteur de 20 % aux revenus générés par l'extraction gouvernementale en 2014 selon le rapport ITIE, l'impact sur les finances publiques fut dévastateur.

Ouverture

Suite à un audit de la raffinerie en 2013, le gouvernement a mis en place un comité technique chargé d'enquêter sur l'impact des prix internationaux sur le marché gazier et pétrolier local. Les propositions qu'il a présenté au gouvernement en 2016 contenaient un examen des prix à chaque étape de la chaine de valeur afin d'améliorer la productivité de la raffinerie. Le gouvernement a également annoncé la mise en place de plans visant à remplacer les travailleurs expatriés dans la raffinerie avec des citoyens nigériens et a accordé un refinancement de 880 millions USD du prêt de construction de la raffinerie à des conditions plus avantageuses, selon le FMI. Bien qu'il fournisse d'ores et déjà de nouvelles données sur les opérations de la raffinerie, le rapport ITIE du Niger pourrait jouer un rôle encore plus grand et soutenir des réformes en exposant encore davantage les transactions immédiates le long de la chaine de valeur du gaz et du pétrole. 

Accédez au Rapport ITIE 2014 Niger.

Pour plus d'informations sur le processus de l'ITIE en Niger, veuillez visiter la page du pays sur eiti.org, ou consulter le site national de l'ITIE Niger