Potentiel minier du Sénégal

Comment le secteur minier peut-il devenir le pilier du développement du Sénégal?

La contribution de l'industrie extractive du Sénégal au gouvernement s'est élevée à près de 90 millions de dollars US en 2013, selon le premier rapport ITIE du pays, publié en octobre 2015. Le secteur pétrolier et gazier a contribué à hauteur de près de 7 millions de dollars US et le secteur minier à plus de 80 millions de dollars US. Le rapport cite le Sénégal comme l'un des chefs de file dans la production de phosphates au niveau mondial avec une production annuelle de 1,4 million de tonnes, mais il révèle aussi une opportunité de recettes manquée avec les minerais restant sous terre. Tirant parti du potentiel de ce secteur dans son pays, Le président sénégalais Macky Sall a déclaré que « l'activité minière sera l'un des piliers du développement du Sénégal ».

Un potentiel inexploité

La production d'or de la mine de Sabodala a atteint six tonnes en 2013, bien que les réserves de cette mine du sud-est du Sénégal pourraient dépasser 46 tonnes.

Le sud-est du pays est aussi riche en fer avec le site de Falémé qui détient des réserves de fer estimées à 750 millions de tonnes. La production annuelle pourrait atteindre les 25 millions de tonnes, mais des conflits entre le gouvernement et les sociétés ont ralenti la production.

À proximité de la capitale du pays, des dépôts de minéraux lourds pourraient générer, au cours des 25 prochaines années, une moyenne annuelle de 570 000 tonnes d'ilménite et de 95 000 tonnes de zircon. Ceci ferait entrer le Sénégal dans la catégorie des principaux producteurs mondiaux de ces minéraux.

Trouver le juste équilibre

Une nouvelle législation pour augmenter la contribution des sociétés minières est envisagée. Le rapport ITIE de 2013 note que le code minier actuel du Sénégal exonère d'impôts les sociétés en phase de prospection, et du paiement des droits de douanes sur l'équipement, le matériel et les produits pétroliers importés utilisés pour la prospection.

Le président Sall a indiqué à Bloomberg lors d'un entretien en janvier 2014 que l'un de ses objectifs était d'« attirer davantage d'investissements dans l'exploitation minière pour aider au développement de son économie à un taux moyen de sept pour cent pendant une décennie ». Il a réaffirmé l'engagement de son gouvernement à « réunir toutes les conditions nécessaires pour attirer les sociétés, offrir un environnement de travail adéquat, et un code minier réformé ».

Le rapport ITIE indique que les propositions de révisions du code minier incluent des augmentations modérées des redevances, et l'introduction d'un régime fiscal progressif basé sur le prix des minerais et sur le niveau de traitement local. D'autres changements incluront la mise en place d'une clause « à prendre ou à laisser » exigeant des détenteurs d'un permis d'exploitation minière qu'ils extraient les minerais en vue de limiter la spéculation, et des dispositions visant à promouvoir le recours à des biens, des services et du personnel locaux.

Le Sénégal a rejoint l'ITIE en octobre 2013 et ce premier rapport illustre la contribution de l'industrie extractive à l'économie. Il offre aussi des recommandations pour relever certains des défis que représente la collecte de données fiables sur l'industrie extractive du pays. Celles-ci incluent la mobilisation du ministère de l'Économie et des Finances pour la certification de la qualité des données de l'ITIE, le développement d'un cadastre en ligne pour l'industrie pétrolière, et la mise à contribution des sociétés de l'industrie extractive pour garantir une collecte plus complète par l'ITIE.