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La transparence compte dans la transition vers les émissions nettes nulles

L’édition de la semaine dernière de « Transparency Matters » consacrée à la COP26, une rencontre internationale coorganisée avec Chatham House, a réuni des représentants de l’ITIE, du gouvernement indonésien, de la Commission européenne, du Conseil international des mines et des métaux (CIMM) et de Publiez ce que vous payez (PCQVP) pour discuter de la manière dont la transparence et le dialogue multipartite peuvent aider les pays à préparer leur transition vers une situation qualifiée de zéro émissions nettes.

Avec la réunion des leaders mondiaux à Glasgow pour la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique, la transition mondiale vers les émissions nettes nulles est en tête de liste à l’agenda mondial. Le changement nécessite une transformation des industries extractives et expose les pays producteurs – en particulier les économies en développement – à des risques et opportunités imminents.

« Tous les pays membres de l’ITIE sont touchés d’une manière ou d’une autre par la transition énergétique », a déclaré Helen Clark, présidente du Conseil d’administration de l’ITIE, dans son discours d’ouverture lors du dernier webinaire « Transparency Matters ». « Nous saluons l’accent placé par cette COP sur les pays producteurs et sur la signification de la transition vers l’état de zéro émissions nettes pour leurs économies et sociétés. Ces implications sont ce que l’ITIE cherche à mettre au grand jour dans sa contribution à la transition énergétique. »

Dans sa déclaration, la présidente du Conseil d’administration de l’ITIE a présenté des exemples de la manière dont l’ITIE pourrait soutenir les pays tributaires des ressources par le biais de données et de divulgations, ainsi que par le biais de ses plateformes intégratrices de dialogue entre les gouvernements, l’industrie et la société civile, qui sont également présentées dans la note de politique et les études de cas récemment publiées par l’ITIE. Elle a souligné par ailleurs combien le recueil d’une diversité d’opinions et d’expériences est nécessaire pour l’identification de solutions intelligentes et durables à la crise climatique, en faisant remarquer que la quête d’une justice climatique sous toutes ses formes occupe une place de plus en plus importante à l’agenda de la COP.

Éliminer progressivement le charbon en Indonésie

S’exprimant au nom du gouvernement indonésien, le Dr Ego Syahrial, secrétaire général du ministère de l’Énergie et des Ressources minérales de ce pays a souligné son engagement ferme à lutter contre le changement climatique, comme le témoigne l’accélération des énergies renouvelables et l’utilisation croissante des véhicules électriques. L’Indonésie s’est engagée à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 29 % d’ici 2030, et jusqu’à 41 % avec le soutien de l’aide internationale.

Les domaines ciblés par le gouvernement indonésien comprennent le développement des énergies renouvelables et la régénération des mines. Le démantèlement des centrales électriques à charbon ou leur conversion à d’autres sources de carburant est envisagé, accompagné d’un moratoire portant sur les nouvelles centrales électriques à charbon qui n’ont pas encore été incluses dans la planification du gouvernement. L'Indonésie est l'un des 12 pays de l'EITI qui ont signé la semaine dernière le Global Coal To Clean Power Transition Statement (« Déclaration sur le financement public à l’international pour une transition vers des énergies propres »).

Un gel sur les ressources des régions arctiques

Brendan Devlin, conseiller auprès de la Commission européenne, a souligné la nécessité d’une réflexion plus systémique pour relever les défis posés par la transition. Il a identifié trois « signaux » que l’Union européenne met en avant dans ses engagements à la COP :

  • Un appel à conserver les ressources se trouvant dans le sous-sol de l’Arctique et à d’abstenir d’acheter des ressources de la région arctique, même lorsqu’une partie tierce les a développées.

  • Une politique et un engagement à propos du méthane couvrant tant les producteurs que les consommateurs, à travers lesquels ces derniers ont également la responsabilité de réduire les émissions en choisissant les ressources les plus propres.

  • Une entente sur le fait que les données jouent un rôle clé dans la formulation des politiques, par exemple à travers le maintien d’un registre mondial des ressources pétrolières.

Mesures à prendre pour les entreprises : Réductions des émissions et divulgations

Rohitesh Dhawan, directeur général du Conseil international des mines et des métaux (CIMM), a présenté les plans des 28 entreprises membres du CIMM en matière de décarbonisation. Il s’agit notamment de s’engager clairement à diminuer les émissions des entreprises avec une cible des scopes 1 et 2 des émissions nettes nulles d’ici 2050 ou plus tôt.

Outre les réductions des émissions, les entreprises du CIMM se sont engagées à renforcer les divulgations, en présentant des rapports conformes aux dispositions des divulgations financières liées au climat du groupe de travail (TCFD) d’ici 2023, si elles ne le font pas déjà . Les engagements comprennent la déclaration annuelle et la vérification externe des scopes 1, 2 et 3 des émissions. Dans de nombreux cas, des mesures sont également en train d’être prises pour soutenir la décarbonisation à l’échelle nationale, par exemple par le biais de programmes innovants en Afrique du Sud visant à utiliser les sites miniers pour le stockage d’énergie.

Répondre aux grandes attentes de la mise en valeur des combustibles fossiles

Nelly Busingye, directrice de l’engagement des membres pour l’Afrique de Publiez ce que vous payez (PCQVP), a présenté un rappel amical sur l’impact des décisions sur la transition à l’échelle locale. « De nombreuses communautés ont donné leurs terres pour accueillir des activités extractives en anticipant le fait que celles-ci fourniraient de meilleurs emplois et opportunités », a déclaré Mme Busingye. « Aux communautés qui accueillent des activités extractives, nous devons rendre les informations plus claires et accessibles afin que les changements qui sont prévus pour la transition soient démystifiés. » Elle a appelé les gouvernements des pays membres de l’ITIE à s’efforcer de rendre ce débat plus audible à l’échelle des communautés et à tirer parti de la plateforme multipartite de l’ITIE pour garantir que les implications de la transition soient clairement communiquées.

Dans ses propos de clôture, Helen Clark a souligné la nécessité que ces informations soient mises dans le domaine public et à la disposition de la société civile. « L’ITIE est prête à soutenir ses pays membres pour faire avancer l’analyse, au niveau des pays, des implications économiques de la transition et renforcer les capacités des parties prenantes à participer à un débat éclairé sur les risques et les opportunités y associés », a déclaré Mme Clark. Elle a également indiqué que l’ITIE examinera la manière dont les efforts déployés par les responsables de la mise en œuvre devront être reflétés dans les versions futures de la Norme ITIE.

L’ITIE souhaite remercier Chatham House pour avoir coorganisé ce webinaire dans l’enceinte de son pavillon virtuel sur le risque climatique et la sécurité, ainsi que l’Institut de gouvernance des ressources naturelles (NRGI) pour sa contribution à cette rencontre et au travail de l’ITIE sur la transition énergétique.

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